Dendro · Didier Pousset
Mes méthodes

L’archéodendrométrie regroupe quatre approches complémentaires pour identifier les bois, comprendre leur forme et leur mise en œuvre, lire les traces d’outils et établir leur chronologie. Lorsque l’objet et l’accessibilité des cernes le permettent, les observations et les mesures sont réalisées de manière non invasive, sans prélèvement ni altération de la matière.
Dendrochronologie
La dendrochronologie étudie la croissance radiale des arbres. Des arbres du même genre, contemporains et soumis à des conditions environnementales proches élaborent des séries de cernes portant des repères communs. La comparaison de ces séries permet d’établir leur synchronisme et, lorsque les données le permettent, de dater les bois.
Les largeurs de cernes sont mesurées pour restituer un profil dendrochronologique, puis ce profil est comparé à des chronologies de référence. Ces mesures viennent enrichir une base de données constituée depuis plus de 30 ans. La confrontation de chaque nouvelle série à ce corpus permet de rechercher les correspondances les plus fidèles possible et d’obtenir des résultats particulièrement pertinents, tout en tenant compte de la qualité et des limites des données disponibles.
Xylologie
La xylologie détermine les essences de bois. L’identification s’appuie sur l’examen des caractères macroscopiques et microscopiques afin de situer le bois dans une famille, un genre ou un taxon lorsque les caractères conservés le permettent.
Dendromorphologie
La dendromorphologie examine les formes et les modes de débitage des pièces de bois. Appliquée à une sculpture, elle aide par exemple à restituer le choix de la masse de bois sélectionnée pour la taille.
Tracéologie
La tracéologie classe et étudie les empreintes ou marques visibles sur les matières travaillées. L’observation vise à identifier les outils employés, à restituer les étapes de fabrication et à documenter les savoir-faire.
Applications conjointes
Sur les bois architecturaux, ces méthodes peuvent préciser la date et la phase d’abattage, révéler des restaurations ou modifications, renseigner l’origine biogéographique des arbres et documenter le débitage et le façonnage. Sur les œuvres et le mobilier, des techniques non intrusives permettent l’acquisition des données lorsque les cernes de croissance restent accessibles.
